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Jeune plasticien guadeloupéen, c’est au Campus Caribéen des Arts de la Martinique que j’obtiens mon Master II en 2012. Né d’une mère dominiquaise et d’un père guadeloupéen, c’est sur l’île natale de ma mère que j’ai grandi de mes huit mois jusqu’à mes neuf ans.

La surréalité est l’un des concepts clé que je propose dans mes œuvres sous une forme de figuration libre, elle-même travaillée par mes regards portés sur la société contemporaine, mais aussi en questionnant ce qui semble me miner ou encore m’animer. Je questionne alors le lieu du souvenir, le lieu de mon enfance. Ces lieux de mémoire deviennent dès lors matière à nourrir mon imaginaire et me laissent une liberté de spéculation sur mes propres obsessions.

 

"J’essaie de faire cohabiter des figures, des éléments d’un bestiaire ré́el et imaginaire."

 

Ces derniers, dans un sens premier, prennent diverses formes, sorte de figures monstrueuses et hideuses qui, par la suite, révèlent un autre sens : chien, maison renversée, fleur, croix, figures à deux tềtes, oiseaux ... Je me permets ainsi de déplacer les formes et les objets à ma guise dans « l’imaginaire magico- religieux » de l’image et de la langue créole vers mon réel intérieur et vers un renvoi à un « ailleurs » sacré ou profane.

La figure est libre, surprenante et inattendue. Elle échappe bien souvent à autre chose et ce grâce à l’accident. Ainsi, je reprends à mon compte l’expression de Jean Dubuffet, écrivant dans la préface de l’exposition Paysage portatif (1968) : « Finir l’exécution mystique sur le monde physique [...]. Maintenant l’irréel me ravit, j’ai faim du non-réel, de la vie fausse, de l’antimonde. Mes travaux aspirent à l’irréalisme ». Ces supports sont ces nouveaux lieux où la réalité rencontre mon imaginaire pour raconter des histoires qui ont leur propre cohérence, leur propre logique qui se rapprochent de celle des contes Antillais.

 


 Ronald CYRILLE.