Ronald CYRILLE aka B.BIRD 

 

Né d’une mère Dominiquaise et d’un père Guadeloupéen, c’est sur l’île de la Dominique que j’ai vécu mon enfance, et que je me suis imprégné des paysages, de ses lieux et du mode de vie des miens.

Quelques années plus tard, arrivé en Guadeloupe, ma seconde souche, la pratique du dessin est née sous forme d’illustrations, de bandes dessinées et diverses représentations de personnages de cartoons populaires.

 

Après un cursus d’études secondaires générale, c’est au Campus Caribéens des Arts de la Martinique que j’obtiens mon master en arts plastiques en 2012 puis lauréat de la « Jam Session » jeune talent de la Martinique la même année. 

De retour en Guadeloupe, je remporte le « Prix Start » du Conseil Départemental de la Guadeloupe, dans la catégorie arts visuels dans la foulée.

 

Depuis une dizaine d’années, ma pratique d’atelier se nourrit par son intérêt grandissant pour le Street art, je ne cesse de créer aussi bien dans la rue qu’en atelier. Ouvert sur le monde et riche de mes cultures, mon envie de voyager avec ma peinture hors de nos espaces est grandissante. L’entre-deux est toujours une constante pour moi, pratiquant un art vandale mais diplômé d’une école d’art, proche à la fois de la culture hip-hop et des contes antillais. 

C’est la culture qui n’a pas à choisir de coté, qui n’est pas plus ceci que cela, cet ensembledonne naissance à une surréalité que je propose dans mes œuvres sous une forme de figuration libre, elle-même travaillée par mes regards portés sur une société contemporaine mais aussi en questionnant ce qui semble me miner ou m’animer. 

« C’est un univers malaxé, génétiquement modifié, le réel merveilleux au quotidien, l’unité minimale d’un monde où la plus petite partie contient le tout.  J’y reconnais la férocité, la tendresse, et l’étonnement, de ceux qui comme disait Oswald dans le Manifeste Anthropophagique, n’avaient « ni grammaires, ni collections de vieux végétaux mais sans lesquels « l’Europe n’aurait pas même sa pauvre déclaration des droits de l’homme ». Cf. Matilde Dos Santos

 

Ces lieux de mémoire deviennent alors matière à nourrir mon imaginaire et me laissent une liberté de spéculation sur mes propres obsessions, ou encore ce que certains qualifient comme étant l’inconscient.

J’essaye de faire cohabiter des figures, des éléments d’un bestiaire réel et imaginaire. Ces derniers, dans un sens premier, prennent diverses formes, sortes, révèlent un autre sens.

Je me permets ainsi de déplacer les formes et les objets à ma guise dans « l’imaginaire magico-religieux » de l’imagerie de la langue créole, vers un renvoi à un « ailleurs » sacré ou profane dépassant le conventionnel.

Ici, en effet, se côtoient un univers tangible, celui qui est géographiquement inscrit, l’univers insulaire, puis un autre, celui de l’insularité symbolique produit par mon imaginaire.

 Ainsi je reprends à mon compte l’expression de Jean Dubuffet, écrivant dans la préface de l’exposition Paysage portatif (1968) : « Finir l’exécution mystique sur lemonde physique […]. Maintenant l’irréel me ravit, j’ai faim du non-réel, de la vie fausse, de l’antimonde ; Mes travaux aspirent à l’irréalisme. » 

Je me suis approprié la technique du photographe avant de la détourner et de la joindre à ma pratique d’atelier éclectique (bombe, grattage, acrylique, poska, collage, altération du support...)   

Ces supports sont ces nouveaux lieux ou la réalité rencontre mon imaginaire pour raconter des histoires qui ont leur propre cohérence, leur propre logique qui se rapprochent de celle des contes et des mythologies Antillais. 

 

 

 

 

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